Agenda des luttes 6 janvier

mercredi 6 janvier 2021
par  Julie agenda

Et aujourd’hui on sera au téléphone avec Quentin de la Casa pour parler de l’audience qui se tient aujourd’hui concernant l’occupation d’un lieu par une quarantaine de personnes exilées que l’association accompagne.
pour les soutenir, rdv à 14h au Tribunal D’instance d’Ivry-sur-seine
Pour vous associer à l’ action de la casa, vous pouvez :
- donner de votre temps
- proposer votre appartement vide
- faire un don
N’hésitez pas à les contacter : lacasaparis.asso@gmail.com

AGENDA 2021.01.06

Et on commence avec cette mauvaise nouvelle : hier nous avions invité le photo-journaliste Louis Witter pour parler d’entrave à la liberté d’informer alors que les forces de l’ordre l’avait empêché, lui et un collègue, de couvrir les évacuations ds camps de migrants autour de Calais fin décembre.
Suite à cela, les deux journalistes avaient déposé un référé-liberté devant le Tribunal administratif de Lille pour enjoindre, en urgence, aux préfectures du Nord et du Pas-de-Calais de les autoriser à accéder aux différents sites où il est procédé à l’évacuation de campements sur les territoires des communes de Grande-Synthe, Coquelles et Calais. Et Hier après-midi l’ordonnance a été rendue : le tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande

on continue avec une autre mauvaise nouvelle :Le conseil d’État a rejeté les requêtes de syndicats qui dénonçaient la « dangerosité » des fichiers mentionnant les opinions politiques, les appartenances syndicales et les données de santé, validant ainsi l’élargissement des fichiers de renseignement prévu par trois décrets parus en décembre.
Avant ces trois décrets, il était uniquement possible de recenser les ’activités’, désormais les Policiers et Gendarmes pourront ficher les gens pour leur opinions politiques, leur appartenances syndicales et leur données de santé mais aussi leurs identifiants, photos et commentaires postés sur les réseaux sociaux. Tout cela au nom de la sûreté de l’État.

une tribune publiée dans Médiapart, intitulée : ’Répression d’État : nous ne céderons ni au chantage, ni à la peur’, est signée par une groupe de militantes parmi lesquelles Geneviève Legay et Awa Gueye.
Le monde célébrait récemment l’anniversaire des cinq ans de l’Accord de Paris, et la France n’a pas été avare d’auto-satisfaction quant au rôle qu’elle se targue d’avoir joué dans sa conclusion. Mais pour les signataires de cette Tribune, 2015 amorce une évolution bien plus funeste : l’érosion de l’État de droit, et la lente disparition des libertés publiques dans notre pays. L’état d’urgence est devenu notre « new normal » : décidés dans des moments de choc, de confusion, loin des regards, les glissements les plus graves se sont produits.
L’état d’urgence a été inscrit dans le droit commun par la « Loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme », en novembre 2017. Depuis, la seule interprétation d’un policier justifie toute initiative d’entrave et de répression dès lors qu’ils suspectent une menace. Peu importent les faits, au diable le réel, le ’terrorisme’ et la ’sécurité intérieure’ permettent tout : surveillances, multiplication des ’notes blanches’, qui légitiment, dans une totale opacité, les décisions administratives les plus liberticides, fermetures administratives de lieux collectifs, assignations à résidence, perquisitions arbitraires et sans fondements, arrestations dénuées de motifs...
Des nasses pleines de gaz aux croches-pieds mesquins, en passant par les humiliations collectives de lycéen·ne·s et de migrant·e·s, les pratiques policières de répression des mobilisations sont de plus en plus brutales : tout ce sur quoi alertaient déjà les collectifs et associations des quartiers populaires il y a de nombreuses années et qui faisait le quotidien des habitant·e·s de ces quartiers, est désormais devenu la norme.
Enfin : de nombreuses personnes ont été mutilées dans les manifestations de Gilets jaunes, sans que justice leur soit faite. Elles aussi ont connu les assignations à résidence préventives et les interdictions de manifester ; plus de 1000 peines de prison ferme ont été prononcées contre les membres de leur mouvement.
La nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur marque un tournant dans ce qu’elle légitime, et banalise cette nouvelle réalité : un pouvoir radicalisé. Les violences policières semblent devoir être couvertes « quoiqu’il en coûte ». Et le ministre jubile lorsque sa police écrase les libertés publiques sous l’arbitraire et les coups. [....]
Face à nous un seul spectacle, qui se joue en boucle : la criminalisation des idées critiques du pouvoir, de l’information, des mobilisations, de l’islam, des quartiers populaires et de la jeunesse ; le harcèlement de tous les acteur·ice·s de ’la gauche’, des défenseurs·ses des droits et de la justice sociale, des porteurs·euses de solidarité ; la répression et l’arbitraire croissants dans la vie quotidienne des citoyen·ne·s. Ce régime montre son obsession répressive, autorisée par la désagrégation progressive des conquêtes fondamentales qui faisaient notre État de droit.
Alors Les militantes concluent leur tribune par cet avertissement : Face aux perquisitions politiques, aux arrestations sans fondement, à toutes les tentatives de diabolisation des personnes qui ont le tort d’exercer leur droit à la critique et à la manifestation, notre solidarité, et notre cohésion, ne fléchiront pas ; nous ne céderons ni à la peur ni au chantage. Et nous n’oublierons pas de tenir le ministre de l’Intérieur, et le gouvernement, responsables du saccage de notre justice et de nos libertés.

Face à cette répression D’État, une autre tribune a été publiée hier, dans Libération cette fois : sous le titre ’une ardeur de vivre’, cette tribune est signée par les organisateurs et organisatrices de la fameuse rave Party organisée en Bretagne pour le réveillon, qui revendiquent un « geste politique » après « une année de tristesse, d’anxiété et de privations ».
Alors que ’la jeunesse, la fête et la culture sont montrées du doigt tous les jours. Nous serions les bourreaux irresponsables de nos ainé·e·s et des plus fragiles, grands vecteurs de la propagation du virus’. Face à cette culpabilisation incessante, la jeunesse se retrouve réduite à ne voir qu’un obscur brouillard comme seule perspective.
L’organisation de cette fête répondait donc ’à l’appel de celles et ceux qui ne se satisfont pas d’une existence rythmée uniquement par le travail, la consommation et les écrans, seul·e·s chez eux le soir.’
Il aura suffi qu’une bande de ravers enthousiastes osent dire non à un ordre de dispersion pour que fusent les balles de défense et que les gaz lacrymogènes envahissent Lieuron, en Ille-et-Vilaine. Nos services d’État étant plus prompts à réprimer qu’à secourir, il est logique qu’ils aient dépêché près de 200 gendarmes armés pour empêcher la tenue de cet événement.
La seule réponse qu’a apportée l’État a été de frapper au portefeuille une jeunesse pourtant déjà durement touchée par la crise économique. Et De les catégoriser publiquement comme « délinquants ». et, pour ne pas perdre la face, deux participants lambda ont été immédiatement arrêtés, dont l’un risque jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour mise en danger de la vie d’autrui.
Les organisateurs se défendent enfin de l’accusation de mise en danger de la vie d’autrui et assurent qu’ils ont donné une place primordiale à la prévention sur le Covid. Des consignes strictes de dépistage et d’isolement ont été données en amont, à l’entrée, pendant et après. Quelques milliers de masques et des dizaines de litres de gel étaient distribués à l’entrée et disponibles en libre-service. Avec l’aide précieuse de l’association Technoplus, les adresses de centres de dépistage ainsi que de nombreuses autres informations liées aux pratiques festives en temps de pandémie ont été communiquées aux participant·e·s. De même, Le choix du site s’est fait en calculant les volumes d’air et l’aération, conditions principales pour réduire au maximum les risques de contamination.
Enfin, ils rappellent que ces fêtes sont un vecteur d’espoir et de cohésion sociale pour des centaines de milliers de jeunes, de toutes classes et de toutes origines.

la TIMMY - Soutien aux Mineurs Exilés- lance un appel à l’hébergement solidaire en IDF en urgence étant donné le froid glacial qui s’installe
Alors si vous pouvez héberger des mineurs isolés, vous pouvez contacter la TIMMY en leur envoyant un mail à : timmyinfoparis@gmail.com

depuis 11h ce matin, une marche blanche est organisée pour rendre hommage aux trois militantes kurdes assassinées en 2013
Dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013, les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan et Leyla Saylemez ont été retrouvées sans vie, dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan, à Paris, froidement exécutées de plusieurs balles dans la tête.
Nombre d’indices révélés par l’enquête, ainsi que des documents divulgués sur internet, ont permis d’établir que l’assassin, Ömer Güney, arrêté quelques jours après les faits, avait agi pour le compte des services secrets turcs. Les investigations ont par ailleurs révélé l’appartenance du meurtrier à la mouvance des Loups gris, ce mouvement fasciste turc que le gouvernement français a décidé récemment d’interdire, suite à des manifestations d’une extrême violence contre la communauté arménienne.
Mais, en différant le jugement de l’affaire, laissant ainsi mourir le seul accusé, décédé en décembre 2016, à un mois de son procès, la justice française a manqué une occasion de juger un crime politique commis sur le territoire français ! Suite à une plainte déposée en mars 2018 par les familles des trois militantes kurdes, un nouveau juge d’instruction a été saisi du dossier.
Aussi les familles attendent toujours que la justice soit faite et que la vérité soit établie sur ces crimes politiques
et pour rendre hommage aux trois militantes, rdv donc pour la marche qui va du 16 rue d’Enghien au 147 rue la Fayette

de 12:00 à 14:00 La Cantine des Gilets Jaunes de Montreuil sera ouverte
et c’est dans les locaux de l’AERI, au 57 rue Étienne Marcel à Montreuil

DE 14h à 18H , les brigades de solidarité populaire de Ménilmontant ouvre leur point de collecte et distribution
et c’est au 24 Rue Moret – métro Ménilmontant

de 14h30 à 17h, le centre social et culturel Rosa Parks propose un atelier parents-enfants spécial galette des rois
si vous voulez y participer, il faut s’inscrire en envoyant un mail à contact@centrerosaparks.paris ou en appelant le : 01.42.85.85.88
et l’atelier se déroulera au centre social et culturel Rosa Parks qui se trouve au 219 bvd McDonald, dans le 19ème

A partir de 14h30, et toute la journée aujourd’hui et demain jusqu’à 18h, le réseau transatlantique sur l’Europe politique poursuit son colloque international en ligne sur l’Europe politique
au programme d’aujourd’hui, les discussions porteront sur : la polarisation politique en Europe et les perceptions de ces polarisations, et sur l’euroscepticisme
et pour suivre ce colloque en ligne, il faut s’inscrire sur : https://www.eventbrite.ca/e/billets-leurope-politique-bilans-et-perspectives-132446096841

à 21h, le Groupe lacanien d’études et de recherches cliniques organise une conférence en ligne intitulée ’Retour du refoulé et sublimation dans la civilisation’, dans le cadre des activités du Cartel franco-brésilien de psychanalyse de l’Association lacanienne internationale
Plusieurs auteurs ont essayé de présenter l’apparition de mouvements populistes comme le « retour du refoulé » en politique. Dans le cadre d’un monde où les partis politiques ne présentent pas de vraies alternatives politiques, les angoisses liées à la précarité croissante finiraient par s’exprimer dans des discours anti-démocratiques toujours à la quête de boucs émissaires.
Cette interprétation du ’retour du refoulé’ a toutefois des limites, et cette conférence propose d’explorer d’autres métaphores utilisées pour concevoir l’émergence du populisme. À partir des travaux d’Ernesto Laclau, il s’agira de discuter de l’idée qu’un populisme de type démocratique pourrait être conçu à partir de la notion de sublimation telle qu’elle a été formulée par Jacques Lacan.
Pour discuter de cette hypothèse avec Thomas Zicman et Roland Chemama, rdv donc à 21h sur zoom et pour avoir le lien et les codes il faut s’inscrire sur le formulaire : [https://forms.gle/SBrfXyzexXEpYaBL6]

a partir de 9h demain matin, La Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Lille organise une journée d’étude en ligne intitulée : utopies et influences
Cette journée d’étude entend explorer la notion d’utopie à travers ses mécanismes d’influence. L’utopie sera examinée à l’aune de la structure narrative qui, depuis son apparition fait d’elle un récit singulier installé dans le temps et distinct de l’idéologie. Il s’agira d’identifier ses évolutions au gré des époques et des civilisations (dystopique, contre-utopique ou anti-utopique) en interrogeant le rôle et la place que l’utopie occupe dans l’imaginaire collectif et celui de nos institutions modernes et post-modernes.
L’enjeu de cette journée est d’examiner la « force » de l’utopie qui, comme l’explique Robert Redeker « n’a nul besoin de devenir complète pour produire des effets dans le champ socio-historique » (Redeker, 2003).
L’utopie, la dystopie et la contre-utopie ont progressivement imprégné les strates discursives de nos sociétés contemporaines. Ces dernières sont particulièrement avides, depuis le XVIIIe siècle, de changements et d’idéaux, d’autant plus qu’elles connaissent le désenchantement. Dès lors, nous pouvons nous demander dans quelle mesure la charge symbolique que les récits utopiques revêtent, permettrait aux acteurs travaillant dans des systèmes d’organisation privés et publics d’élaborer des stratégies de communication d’influence au niveau socio-politique, économique, sanitaire, médiatique et culturel.
Il s’agira d’explorer les tenants et aboutissants des discours et récits utopiques, dystopiques (comme repoussoir) et contre-utopiques (proposition alternative à l’utopie dominante) du point de vue notamment des techniques rhétoriques (comme la persuasion, ou la dissuasion…) utilisées par les acteurs.
Il s’agira aussi de mettre au jour les effets attendus et induits par ces messages au niveau psycho-comportemental en identifiant les logiques de résistance dont peuvent faire preuve les « protagonistes ». Car si l’utopie, intrinsèquement liée aux discours d’influence, participe à l’amélioration d’une situation, son usage peut également s’avérer contestable d’un point de vue éthique lorsqu’il est synonyme de mésinformation, de désinformation ou de manipulation.
Au Programme demain matin, les discussions porteront sur les Enjeux philosophiques et l’histoire des utopies, dystopies et contre-utopies à travers les influences qu’elles ont eues dans l’imaginaire collectif à travers des œuvres littéraires ;
et pour suivre cette journée d’étude en ligne consacrée aux utopies et influences, rdv donc demain matin dès 9h sur le lien zoom : https://us02web.zoom.us/j/87189567065

enfin pour les dates à venir et qu’on peut dores et déjà annoncer :

  • le 11 janvier, une grève illimitée des anesthésistes est prévue
  • le 16 janvier et le 30 janvier : des manifestations sont organisées pour protester contre la loi sécurité globale
  • Le 21 janvier une grève dans le secteur de la santé est prévue.
  • Le 23 janvier une marche nationale contre les licenciements est organisée par un collectif d’organisations de salariéEs concernéEs par la question des licenciements et suppressions de postes
  • Le 26 janvier une grève dans l’Éducation Nationale cette fois est prévue.
  • Et Le 28 janvier c’est dans le secteur de l’énergie.
  • Enfin, les syndicats CGT, FSU et Solidaires, ainsi que les organisations de jeunesse FIDL, MNL, UNEF et UNL, appellent à une journée de grève générale et nationale le jeudi 4 février

rdv culturels

à partir de 12h, David Little et Mélo proposent une petite rétrospective consacrée au British Rockabilly et ce sera sur Droogies Radio
si vous voulez suivre l’émission, rdv sur le site : [http://www.droogies.org/-]

à 14h, Fpp diffusera une archive de l’Hebdo qui reviendra sur le livre intitulé le cauchemar pavillonnaire, publié en 2012, par Jean-Luc Debry aux éditions l’Échappée
Les zones pavillonnaires, affublées à l’occasion du joli nom de lotissement, envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l’identique. Elles incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l’aliénation désirée. L’obsession de l’hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires. L’expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l’imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale.
L’espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de « ville » – et bientôt de « campagne » – s’efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées : industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loisir… Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l’organisation de l’espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons.
Alors pour écouter une présentation de ce bouquin, restez branchés sur le 106.3

et à 16h, Fpp diffusera une archive de son cycle sur les crimes et violences policières

enfin, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 12 janvier, la plateforme, la vingt-cinquième heure, proposent une projection virtuelle, tous les soirs à 18h30 et à 20h30, du film La Cité perdue réalisé par Francisco Hervé
Dans la région d’Aysén en Patagonie chilienne séjourne une population de 90 000 âmes isolées, partageant les âpres paysages d’une superficie comparable à celle de l’Angleterre. Ces larges ressources hydriques sont au cœur d’enjeux économiques et politiques, mais surtout elles inspirent une humanité en quête d’impossible ’retour aux sources’, fuyant une civilisation semblant menée à sa perte. Aux images du quotidien s’entremêle ici un récit d’allure mythologique : celui de la recherche de la Ville des Césars, cité d’or bâtie il y a 500 ans par les conquérants. À l’ombre de la métaphore intemporelle du paradis perdu, un guide fictionnel ouvre la route...
et pour le découvrir ou le redécouvrir , rdv sur le site de la 25ème heure : https://sallevirtuelle.25eheure.com/

Musique : Krav Boca et Sponty – Vertigo

AGENDA 2021.01.06

Documents joints

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